Madame,
Depuis de
nombreuses années, j'essaie d'attirer l'attention des responsables de
l'archéologie, de la culture et de la politique sur les erreurs de localisation
des sites antiques de Bibracte et de Gergovie, ainsi que sur les explications
que l'on donne de la bataille d'Alésia.
Le 6 juin
1991, alors que vous étiez Sous-Directeur de l'Archéologie, j'ai sollicité
votre bienveillante compréhension. Par lettre DP/B2/PGM/CG en date du 4 mars
1993, vous m'avez informé que vous aviez chargé M. Grenier de Monner du suivi
de mon affaire, ce dont je vous remercie. Malheureusement, contrairement à ce
que j'espérais, non seulement vos services et représentants n'ont pas nuancé
leurs affirmations concernant les sites officiels en question, mais ils ont
durci leurs positions sans avoir le courage ni de me critiquer en face ni de
présenter leurs arguments. Et même, tout récemment, des archéologues officiels
ont profité d'une émission de télévision à succès pour exposer longuement leurs
certitudes erronées à des millions de téléspectateurs.
Par lettre
AMAC/CC/7523 OHU du 9 août 2002, M. Aillagon, nouveau ministre de la Culture,
m'a fait savoir qu'il vous avait demandé de traiter le dossier et de me faire
part de votre décision. Je sollicite une nouvelle fois votre bienveillante
compréhension.
Puisqu'il me
faut donner des gages, je pourrais évoquer le fait que je suis membre de la
Légion d'honneur, corps d'élite de la Nation, que plusieurs revues militaires
me considèrent comme un historien et un latiniste sérieux et compétent, comme
un professionnel de la guerre, et que personne n'a encore critiqué ouvertement
mes arguments. Mais puisqu'il semble que cela ne suffise pas face à
l'immobilisme et au conservatisme de la technostructure, j'ai choisi d'adresser
à votre ministère deux études que ladite technostructure ne pourra pas passer
sous silence, au risque de la forfaiture.
Il s'agit, en
premier lieu, de la localisation et de l'explication que je donne de la grande
bataille - la plus importante après Alésia - qui opposa les légions de César à
une coalition des peuples gaulois du Nord. Pour protéger le site que je
propose, des mesures s'imposent dans l'immédiat, ainsi que le repérage,
certainement très facile, des vestiges de fossés et de talus de l'ancien camp
romain. En outre, à la différence des grandes opérations archéologiques
récentes ou en cours qui ont coûté très cher au contribuable, le coût financier
de la mise en valeur de ce site serait pratiquement nul, l'explication de toute
la bataille pouvant être donnée depuis la cote 102.
Il me semble que le public
doit être informé (Art. 2. du décret n° 98-840 du 21 septembre 1998, je
cite : la Direction de l'architecture et du patrimoine a pour mission de
recenser, étudier, protéger, conserver et faire connaître le patrimoine
archéologique... de la France).
Il s'agit, en
deuxième lieu, de l'identification de la ville que Van Eyck a représentée dans
son célèbre tableau du Louvre - La Vierge au chancelier Rolin - ainsi que de
l'explication que j'en donne. En tant qu'ancien administrateur général du musée
du Louvre, vous n'ignorez pas que l'intérêt d'une peinture se trouve décuplé
lorsque le musée qui en a la charge est capable d'expliquer le message qui s'y
trouve.
Il me semble que le public,
là aussi, doit être informé ( Art. 2. du décret n° 98-840 du 21 septembre 1998,
je cite : la Direction de l'architecture et du patrimoine a pour mission
de recenser, étudier, protéger, conserver et faire connaître... les richesses
artistiques de la France).
Et pour
finir, je voudrais seulement préciser qu'il ne faut pas se tromper
d'adversaires. Le scandale archéologique du mont Beuvray, de Merdogne,
d'Uxellodunum, etc., ce n'est pas le bourguignon que je suis qui en est la
cause, ce sont ceux qui, à Paris, persistent dans leurs erreurs, notamment au
Collège de France. Le scandale de ‘'La Vierge au chancelier Rolin'', c'est le
nombrilisme parisien qui, après avoir enlevé ce tableau à la Bourgogne, a perdu
le fil d'une brillante culture qui ne demandait qu'à survivre tout en évoluant.
Veuillez
agréer, Madame, l'expression de mes hommages respectueux.
Ecrit à Chalon-sur-Saône, le 22 septembre 2002.
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